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Les nazis peuvent-ils être bons ?

Je viens d’une époque où tout était finalement plus simple : il y avait les gentils d’un côté, les méchants de l’autre et il suffisait de choisir son camp. Les nazis, pour prendre cet exemple précis, étaient bien entendu de sales types. Il y en avait deux espèces. Le filiforme à cheveux blonds gominés et aux lèvres minces ne cachait pas toute la cruauté qui se dégageait de lui. C’était un vicelard. Et puis il y avait le gros ridicule, engoncé dans son uniforme sinistre, bavant, tonitruant des ordres, toujours hors de lui. Celui-là prêtait plutôt à rire et les réalisateurs s’en servaient pour habiter leurs comédies qui se déroulaient sur fond de guerre.

Aujourd’hui, et je me mets à la place des jeunes, c’est beaucoup plus compliqué. Les cinéastes ont fini par suivre les conseils de Pierre Desproges qui préconisait, le sourire aux lèvres, de cesser de faire de l’antinazisme primaire. Eux, les malheureux, ils ont pris cette boutade pour argent comptant. Allez vous-y retrouver maintenant entre ces bons nazis et ces méchants nazis. Oui, parce que les choses vont ainsi, maintenant, il se trouve qu’on nous présente de plus en plus de bons nazis. Ce qui, à une époque pas si éloignée que cela (puisque c’est la mienne) aurait fait hurler.

Tout a commencé avec Schindler. Ce brave gars qui portait l’insigne du parti hitlérien au revers de son veston a, cela est prouvé, sauvé des milliers de Juifs. Bon, d’accord, même Israël lui a rendu hommage. Puis il y a eu le nazi d’ « Amen », le film de Costa-Gavras, qui prenait conscience de l’existence des camps de la mort et tentait d’alerter l’Eglise. Laquelle, pape et évêques réunis, se bougeait moins que lui. Après, on nous a fait le coup du « Pianiste », enfin, quand je dis on, c’est à Roman Polanski qu’il faut s’en prendre. Le coup du « Pianiste », donc, épargné d’une mort certaine par un nazi. Dans « Effroyables jardins », le film de Jean Becker, c’est un soldat allemand qui sauve nos Français du puits où les ont jetés les occupants nazis. Il n’est pas forcément nazi, ce brave soldat, il porte juste un uniforme ennemi. Et ces derniers temps, sans que ce soit du cinéma, on a appris que notre benoît pape avait aussi, en un autre temps, gueulé « Heil Hitler », suivi de près par Gunther Grass, l’auteur du « Tambour », un écrivain au-dessus de tout soupçon. Quelle époque opaque, se plaignait naguère le Concombre Masqué qui, pantoufle à bras, n’avait pas tort. Allez reconnaître, avec cela, le bon grain de l’ivraie !

Ah ! Redonnez-nous ces nazis qui roulaient les yeux, terribles, et qui annonçaient en aboyant : « Vous zerez tous vusillés en Pologne ». Enfin, surtout Francis Blanche dans « Babette s’en va-t-en guerre », pas Benoît XVI pensant à Jean-Paul II.

 
Plus le temps de rien faire

Alors là, franchement, ça va plus. J’ai plus le temps de rien faire. Ça doit bien faire 33 ans et deux mois que je n’ai pas foutu les pieds dans une salle
de ciné et bien quatorze jours que je n’ai pas vu un film à la télé. Et le pire, c’est que je n’ai même pas l’impression d’être en manque. Je file du
mauvais coton. Ça vous le fait, ça, des fois, de n’avoir envie de rien ou de pas grand chose ?
Alors si, j’ai quand même vu des séries : “N.C.I.S.”, dont j’aime bien les personnages, même si les épisodes pêchent parfois par manque de scénario
abouti. On a l’impression que, plus que l’intrigue, ce sont les rapports entre Gibbs, le chef du N.C.I.S. (la police des Marines), et ses troupes qui
intéressent les scénaristes.

Cette photo, c'était dans la saison 1 parce que la jolie fille, sur la gauche, a été tuée dans le dernier épisode. Si c'est pas dommage !

J’ai vu aussi “Les experts”. Le premier épisode était pas mal, le second sans intérêt. C’est souvent le problème : une fois
qu’on a compris qui est qui, là encore les enquêtes sont un brin tiré par les cheveux. Ouais, un brin de cheveux, ça va, j’ai pas fait exprès.
Du kou, g l’imprecion davoir pas grand choz à dir sur rien. lol
Donc je v mettre ke NCIS c tro dla bal, je kif à donf fo le voir c tro bien

 
Joan la meuf keuf

Une amie m'a emmenée voir Joan as Police Woman à un forum Fnac. En fait, elle connaît bien son manager (qui est une Française de la région lyonnaise) et elle a même mangé une mousse au chocolat avec la femme flic dans sa loge à Clermont, alors que Joan accompagnait sur scène Rufus Wainwright.

Moi, quand elle m'a parlé de Joan as Police Woman je me suis dit, franchement, kézaco ce nom ? Je croyais voir arriver une nana toute en cuir qui allait gueuler et s'époumoner dans un sifflet, façon danseuse de samba SM (pour le cuir). Et ben non, pas du tout. Elle est toute douce, Joan. Intimidée aussi par le public français. C'est elle qui nous l'a dit.

Je comprends pas : après, j'ai lu la brochure de la Fnac et il disait qu'elle chantait quelque part entre le jazz et la soul. Ils y connaissent rien ou c'est moi qui ai l'oreille pire que Beethoven ? J'ai trouvé ça plutôt folk, parfois proche de Joni Mitchell (avec une voix moins mélodieuse) mais la Joni Mitchell folk qui chante "Woodstock", pas celle qui rendra plus tard hommage à Charlie Mingus dans un album génialement jazzy. Après, j'ai discuté 5 minutes avec Joan, elle a vraiment l'air sympa.

Bon, une petite explication sur son nom de scène, puisqu'elle nous l'a expliqué : dans les années 70, passait aux Etats-Unis un feuilleton policier joué par la craquante Angie Dickinson, la jolie blonde de "Rio Bravo" qui avait rendu fou Howard Hawks (paraît que tout grand metteur en scène qu'il était, la belle Angie refusait de céder à ses avances). Après, dans les années 70 et 80, Angie n'a pas eu peur, la quarantaine passée, de se montrer nue dans des polars aussi nerveux que fauchés, style "Bad Mama", ou chez De Palma : dans "Pulsions", sa scène de douche est un régal. Bon, revenons à la série, qui s'appelait "Police Woman" chez nos cousins d'outre-Atlantique, comme on dit dans les revues sérieuses, et qui chez nous avait été baptisée, allez savoir pourquoi, "Sergent Anderson". Un indice ? Ce devait être le nom d'Angie dans le feuilleton.

Donc, un jour Joan arrive toute vêtue de cuir et un de ses potes lui dit : "Wouaow, tu louques like Angie dans Police Woman". Et l'autre, maligne, qui a bien compris qu'on ne lui parlait pas des Stones, a tout de suite capté et a trouvé son blaze. C'est beau, non, comme histoire ? Bon, allez vous coucher et demain je vous en raconte une autre.

 
Le corsaire rouge

Je vous préviens, n'approchez pas, que vous soyez agent du fisc ou badaud. Je ferme la porte à celui qui fait un pas, je ne ferai pas de cadeau. Oui, il m’arrive de télécharger des films sur internet mais le premier officiel qui trouve quelque chose à redire se prendra mon pied où je pense au risque d’avoir une fesse qui dit merde à l’autre. Le piratage dont on parle, c’est juste parce qu’il y a des enjeux financiers et que les producteurs de disques et de vidéo perdent de l’argent. Ca, c’est valable pour les films récents qui passent en salles. Pour ceux-là, faut pas compter sur moi, ch’uis d’une génération qui préfère les voir au cinéma. Mais quand vous avez le cinoche dans la peau, quand vous êtes curieux et que les éditeurs français, plus froussards que jamais, ne prennent pratiquement aucun risque et ne sortent pas tout ce que proposent les Américains, comment faire ? Acheter les DVD aux States ? C’est ce que je fais quand j’ai la chance d’en trouver sur internet en zone multiple. Parce qu’il ne faut pas oublier que notre chère législation française fait en sorte de nous interdire l’achat de produits culturels étrangers, nous qui sommes en zone 2 alors que les Ricains, par exemple, sont en 1. Après faut dézoner, c’est un micmac et c’est illégal.

Donc je télécharge ce qui est introuvable en France. Des curiosités dont on lit quelques allusions sur les bouquins ou revues mais qu’on n’a jamais l’occasion, ou très rarement, de pouvoir visionner sur un écran, de ciné ou de tévé. Qui va vouloir sortir en DVD en France des raretés, des films d’exploitation genre les Russ Meyer du début (« Wild Gals of the West, faut avoir vu ce nanar) ou des Doris Wishman ?

Pourtant, celui qui n’a pas vu « Nude on the Moon » et ses extra-terrestres nichons à l’air ne sait pas ce qu’il rate. Et qui peut se vanter de voir programmés sur l’une ou l’autre chaîne les films mexicains avec des catcheurs masqués, comme « Santo et les momies de Guanajuato » ?

Et puis y’a les muets. J’ai réussi à récupérer Assunta spina », « Le cabinet des figures de cire » et « L’homme qui rit » de Paul Leni, deux Stroheim et quelques autres. Et quand l'homme qui rit se marre, ça fait peur !

Alors, celui qui parle de piratage ferait bien de fermer son claque-merde, comme on dit dans les films au dialogue poétique. Je ne suis pas un pirate, plutôt un Corsaire rouge. Comme ça si on me confond avec Burt Lancaster, c'est pas grave.


Voilà, pour d'éventuelles admiratrices, ça c'est moi sur internet en train de pirater un film muet italien de 1917. Attention, danger !

 
la sentinelle : pour moi, ce sera sans

Oh ! Pôvre de moi ! J'en retrouve même mon assent. C'est à cause de "The Sentinel". Pourtant, il a une belle affiche, ce film : Mike Douglas et Kiefer Sutherland, sans oublier la délicieuse Eva Longoria et aussi Kim Basinger. Ben, tu parles ! Eva, ils auraient mieux fait de la poser sur un meuble : les potiches, c'est là qu'elles sont le mieux. Le scénar est ridicule, l'action miteuse, la psychologie de bazar.

Déjà le Michael Douglas qui, après son lifting, ressemble de plus en plus à son père. Il est garde du corps du président. Clint, le grand Clint, a fait le même boulot et dans le pourtant pas terrible "Dans la ligne de mire", il porte un boulet : lui, le grand et imperturbable Eastwood, il n'a pas pu sauver Mister President, JFK himself. Le Mike, lui, son titre de gloire, c'est d'avoir il y a vingt ans sauvé la vie à Ronald Regan (qui, c'est prouvé, ne s'en souvenait même plus à la fin de sa vie). Chacun son époque ! 

Dans "The Sentinel", le scénario est niais. Comptez pas sur moi pour vous le raconter mais il y a juste un truc qui m'a vraiment fait marrer. Douglas se barre dans la campagne, poursuivi. On lui tire dessus : ouf, il porte un gilet pare-balles. Un peu plus tard, il se rend au G8 pour déjouer un complot contre le président. On lui tire dessus : crotte, fichtre, il est blessé peuchère. Et oui, dans les services secrets américains, c'est bien connu : on se balade en gilet pare-balles pour pique-niquer et on va en tongs et en calbut au G8. Non mais je m'excuse mais merde, ils ont bien le droit de faire ça qu'ils veulent les Ricains, non ?

Et Eva dans tout cela ? C'est quand même un peu elle qui m'a fait me déplacer. Et bien, Eva ne fait rien. Elle se contente d'être jolie, ce qui n'est déjà pas si mal. Elle sourit, elle tend le bras vers la droite, un flingue à la main. Elle tend le bras vers la gauche, un flingue à la main. Elle a fait son taf, elle peut rentrer à Jenesaisplusquoi Lane papoter avec ses jolies copines de "Desperate Housewives". Ou filer dans sa villa s'occuper de panser le doigt de Tony Parker. Ce sera mieux que de rester à ne rien faire, même pas la sentinelle.Eva Longoria. 2005 Twentieth Century Fox

"Allo Tony ? Ouais, ça va, mais qu'est-ce que je m'emmerde..."

 
The Sentinel
Réalisé par Clark Johnson
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